Claude Puel et l'OL se sépare officiellement

Publié le par 90minutes.over-blog.fr

Secret de polichinelle, les supporters lyonnais etaient plus d'un a attendre cette (bonne) nouvelle, le renvoit de Claude Puel. C'est tot dans la soirée que le club a annoncé par un communiqué de presse la séparation entre les deux partis. 90minutes vous propose de faire le bilan et decrypter en quelques chiffres l'ère Puel.

Puel et l’OL, c’est officiellement fini

Trois saisons :

Claude Puel sera resté trois saisons entre Saône et Rhone. Succedant à Alain Perrin, la direction de l'OL lui donne le role de Manager. Tel un Arsene Wenger, Claude Puel a desormais les pleins pouvoirs, ce qui est une premiere dans l'histoire du club. Recrutements, staff, entrainements, Puel est maitre de la machine lyonnaise. Oui, lorsqu'il arrive, Lyon est encore une machine à gagner, qui fait peur en France, et en Europe. Quittant le club avant meme la fin de son contrat (il lui restait encore un an de contrat) , Claude Puel aura fait un passage remarqué à défaut d’être remarquable durant lequel Lyon a perdu ses titres, son jeu et sa suprématie. Alors qu'il avait pour objectif de reconstruire Lyon, d'y intégrer ses nombreux jeunes talentueux (parait il...), et surtout, "gagner la Ligue des Champions d'ici 2 à 4 ans", les resultats n'ont pas été au rendez-vous. En trois saisons, sept ans de suprematies et quinze années de montée en puissance ont été anhilé par Puel.

Quatre millions d'€uros :

C'est le prix que devrait couter pour la rupture anticipé du contrat qui lié l'OL et Puel, CDD de quatre ans. L'audience de conciliation entre Claude Puel et l'Olympique Lyonnais, organisée à la Ligue de football professionnel il y a quelques jours à la demande du club rhodanien, n'avait pas abouti. Cela signifiait alors que les demarches visant a séparer l'OL de son entraineurs pouvaient débuter. Le divorce se terminera donc devant les Prud'Hommes, et Claude Puel devrait toucher des indemnités s'elevant a 4 millions d'€uros, se composant des salaires et des primes dûent.

 Zero trophée :

Claude Puel aura disputé avec l’OL 159 matchs officiels toutes compétitions confondues pour 79 victoires, 44 nuls et 36 défaites. Un bilan plus que mitigé puisqu’au delà de ne jamais avoir remporté le moindre trophée, le Lyon de l’ère Puel aura gagné moins d’un match sur deux.

Ligue 1 : 144 matchs (57 victoires, 36 nuls, 21 défaites),

Ligue des Champions : 33 matchs (17 victoires, 7 nuls, 9 défaites),

Coupe de France : 7 matchs (4 victoires, 3 défaites).

Coupe de la Ligue : 4 matchs (1 victoire, 3 défaites),

Trophée des Champions : 1 match (1 nul, défaite aux tirs au but).

Après trois saisons passées sur le banc de l’OL, Claude Puel n’a remporté aucun trophée dans un club qui restait sur un doublé Coupe-Championnat après une série de 7titres nationaux, 5 trophées des Champions et une Coupe de la Ligue. Il restera comme l’entraîneur sous lequel Lyon a stoppé sa domination sur le football français. Lorsque l'on sait qu'Alain Perrin a été renvoyé suite à une saison où Lyon glane un nouveau titre de champion et une Coupe de France, l'eviction de Puel semblait etre innevitable. 

150 millions d'€uros :

Lyon fort d'une suprématie de sept saisons etait LE club qui marquait la progression d'un joueur. Claude Puel, manager, etait le chef du mercato. Ce que Puel désirait comme joueur, Aulas faisait en sorte de le lui obtenir, et ce, parfois, contre l'avis de son fidèle conseiller Bernard Lacombe. Et Claude Puel aura en tout cas eu les moyens financiers pour venir a fin de ses ambitions. Plus de 150 millions d’euros ont été investit sous sa gouvernance, un record ! Acheté à prix d’or, certains joueurs n’auront jamais su convaincre sous le maillot lyonnais à l’image de Michel Bastos (18M€), Aly Cissokho (15M€) ou plus récemment Gourcuff (24M€). Des joueurs sur cotés, sur évalué.

Outre des recrutements raté et l'absence de trophée au sein d'un club qui dominait de la tete et des épaules, la fracture entre Puel, les dirigeants lyonnais et surtout les supporters, provennaient de divers points.

Des choix incompréhensibles :

Les choix de Claude Puel en ont souvent surpris plus d'un. Lisandro à gauche, Bastos à droite, Lovren arrière latéral ou encore Ederson milieu droit sont autant de positionnement que l'on dira "d'etrange". Une manie chez l’entraîneur lyonnais qui a constamment changé de place ses hommes durant les saisons. Rien que cette saison, ce sont pas moins de 49 compositions d’équipes différentes en 51 matchs que les supporters lyonnais ont pu voir fouler les pelouses. On ne peut pas dire que l’OL a pu bénéficier de stabilité ! Et que dire des 6 charnières utilisées en défenses centrales. Certes, les blessures n’ont pas épargné les joueurs cette saison, mais elles n’expliquent pas tout. Difficile dans ses conditions de développer des liens entre les lignes ou des automatismes. D'autant plus, que l'entraineur replacait des joueurs à des postes qui n'etaient pas le leur, pour du long terme. Sa principale lubie étant bien sur la reconversion des milieux de terrains en défenseurs centraux, Bodmer, Toulalan, ou encore Gonalons se sont retrouvé en defense centrale. Un match pour dépanner, soit, mais de là à vouloir en faire des defenseurs centraux. Et certains  en ont fait les frais. Toulalan a perdu sa place de titulaire en équipe de France, et Bodmer a connu blessures sur bléssures, avant de retrouver le niveau qui etait le sien, une fois repositionné par A.Kombouaré au PSG. Les mises à dos

Un fond sans jeu :

Si avant la venue de Puel a l'OL, le club Rhodanien etait désigné de "rouleau compresseur", "machine", ou tout autre superlatif, c'etait car le jeu produit par Lyon etait des plus plaisant, reconnue en France, mais surtout en Europe. Sous Puel, fini le football champagne, place au cidre ... Un jeu moins tourné vers l'offensif, plus basé sur la solidité defensive. L’arrivée de Claude Puel marque le début des deux 6 devant la défense. Fini l'epoque ou l'equipe jouait, avait des milieux createurs et la possession du ballon.Pour preuve, lors de la première année de Claude Puel à l’OL, l'equipe inscrit 52 buts contre 74 la saison précédente sous les ordres de Alain Perrin.

L'effectif connaitra de tres et trop nombreuses bléssures, peut etre dûe a des preparations physique d'avant saison bien trop rude. Basées sur du VTT, de l'endurance, de la course à pied et… un peu de ballon une fois de temps en temps quand meme !! Et lorsqu'Aly Cissokho à eu le malheur de demander publiquement un peu plus de jeu avec ballon (2009), il s’est retrouvé en tribune pour le match suivant (à Lille, défaite de l’OL 4-3 suite à deux erreurs de Clerc, revenu de blessure, qui remplaçait Cissokho).

Des fractures irrémédiables :

- Fracture avec les joueurs :

Nombreux sont les joueurs a avoir eu des relations conflictueuses avec leur entraineurs. C'est le cas nottement des bresiliens et autres sud américains. Eux qui avaient été les portes drapeaux de l'OL par le passé, se sont retrouvé en conflit direct. Fred, Cris, Juninho, Fabio Santos ont tous eu des altercations avec Puel. Aujourd’hui, les choses n’ont pas vraiment changé puisque Bastos, Lisandro, entre autres, ont également fait part de leur désaccord avec Puel. Les hommes fort du vestiaires n'etaient que peu apprécié par le chef Puel, qui entendait bien montré que le maitre a bord, c'etait lui, et personne d'autre.

- Fracture avec les dirigeants :

Si avec les joueurs tout n'etait pas rose, avec les dirigeants lyonnais il en etait tout autant. Désigné manager général, Claude Puel disposait, pour la premiere fois dans l'histoire du club, de pouvoir élargit. Et dès son arrivée il effectuera des choix. Imposant son propre staff, et en en renvoyant d'autres tels Robert Duverne. Là encore, Puel voulait marquer son territoire. S'il est bien un homme avec qui les conflits etaient régulier, c'est bien avec le bras droit de JMA, Bernard Lacombe. Lui qui venait d'etre depossédé de certains "pouvoirs". On aurait pu parler d'une certaines "jalousie", mais hélas pour Lyon, ses avertissements se sont avéré juste.

- Fracture avec les supporters :

Certainement la fracture la plus importante. Le mecontentement des supporters n'a cessé de grandir au fil des saisons, pour atteindre son paroxisme lors du dernier exercice. La banderole « Puel Demission » est presque devenue un élément du décor à Gerland, mais aussi dans la ville, et lors des déplacements chez les supporters de l’OL. Lassés de voir leur équipe mal jouer et enchaîner les saisons sans titres, ils ont lancé en octobre dernier une véritable chasse à l’homme. Cette guerre des nerfs à atteint son summum face à Caen cette saison lors du dernier match à domicile de l’OL. Banderoles, chants et huées ont accablé Claude Puel avant que son domicile ne soit tagué par des insultes et des menaces.

L'exploit :

S'il est décrié a raison, c’est pourtant bien sous l’ère Claude Puel que l’OL aura réussi son plus grand exploit européen. Sa qualification pour les demi-finales de la Ligue des Champions en 2010 a répondu à l’une des exigences de Jean-Michel Aulas lors de la signature de Puel à Lyon : franchir un cap en Ligue des Champions. C'est surtout l'exploit face au Real Madrid qui restera dans les memoires, plus que la qualification pour les demi finales. Sur une frappe de Makoun de 35 metres, le club du président Aulas, élimine à Bernabeu le Real Madrid, et Lyon confirme bien son titre de "bestia negra" (bete noire) que lui donne les journaux madrilene. Toutefois, les limites de Puel se sont vue en demi finale face au Bayern Munich, lorsque le club allemand se retrouve en infériorité numérique aprés seulement 35 minutes de jeu, lors de la premiere confrontation, et que Puel laisse son équipe evoluer dans un schema tactique trés defensif plutot que de profiter de la superiorité dont il bénéficie lors de cette confrontation, d'autant plus que Lyon avait la maitrise du match, et aurait pu, avec plus d'envie, remporter le match, et qui sait, se qualifier pour la finale de la Ligue des Champions.

Certains l'attendait depuis longtemps, voila chose faite. Resté trois saisons sur le banc de l'OL, Claude Puel n'a pas su faire gagner au club d'autre trophées et a mis fin a une serie de huits saisons pleines (1 coupe de la ligue, 1 coupe de France, 7 titres de champion de France, 8 trophée des champions). S'il a pourtant amené l'OL en demi finale de la plus prestigieuse des coupes européenne, le manque de jeu, les compositions aléatoires ont eu raisons de lui. Lorsqu'il arrive le club est a son apogé, aujourd'hui a son départ, le club est dans un bien piteux état. s'il n'est peut etre pas le seul responsable, il a evidemment ses responsabilités. Le nom de son remplacant n'est pas encore officiel, mais il devrait s'agir de Remi Garde, ancien joueur de l'OL et actuel directeur du centre de formation de l'OL. Quelque soit le futur entraineur de Lyon la saison prochaine, c'est un veritable chantier qui l'attend, et la route vers la reconquete du public et de trophées pourrait etre longue...

F.L.

Publié dans Ligue 1

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