AS Saint Étienne – Olympique Lyonnais, plus qu'un simple derby

Publié le par 90minutes.over-blog.fr

AS Saint Étienne – Olympique Lyonnais, plus qu'un simple derbyQuelles sont les premières dates qu'un supporter Stéphanois et Lyonnais regardent lors de l'annonce du calendrier de la saison ? Celles qui opposent leurs équipes respectives. Et cette saison, le « derby du Rhône » comme il est souvent nommé par la presse locale, se déroulera au minimum trois fois. Le premier acte aura lieu mercredi, à 20h50, en Coupe de la Ligue. Si la victoire lors d'un derby en championnat est importante, que dire d'une victoire en coupe qui élimine le rival.

Pour comprendre la rivalité entre Lyon et Saint Étienne, il faut regarder au delà du football. C'est d'abord une rivalité régionale. Les deux villes sont distantes de seulement cinquante kilomètres et sont les deux plus peuplés de la région Rhône-Alpes. C'est aussi et surtout, une rivalité entre deux catégories d'habitants bien distinctes. Deux villes, deux clubs aux identités différentes. L'opposition entre les deux est comme une sorte de « lutte des classes ». Lyon « la bourgeoise » et Saint Étienne « l'ouvrière ». Tel est l'un des premiers facteur de cette rivalité, peut être le plus important. Mais d'autres faits historiques sont à l'origine de cette rivalité. On peut évoquer le rattachement de Saint-Étienne au département du Rhône-et-Loire au XVIIIe siècle, sous l'autorité de Lyon. Un autre fait concerne la Révolte des canuts lyonnaise qui en 1831 a été « matée » par les armes fabriquées à la Manufacture d'armes de Saint Étienne.

Depuis quelques années maintenant, une autre rivalité est apparue, celle du « supporteurisme ». Les Stéphanois se targuent d’être l'un des meilleurs public de France, avec le « chaudron » Geoffroy-Guichard ,qui est chaud bouillant, tandis que Gerland, sonnerait « creux ». C'est aussi une rivalité entre le club de légende du passé, et le club du futur (ce futur étant peut être déjà passé....). Si les Lyonnais n'ont jamais atteint de finale européenne, ils se rappellent et remercient les poteaux carré de Glasgow, souvenir ô combien douloureux pour tout un peuple de « Verts ». Ce mot, « peuple », marque bien la solidarité de toute une ville, de ces ouvriers, miniers, qui avaient pour distraction le football. L'ASSE se veut être un club « populaire », il sera, après le Stade de Reims des Kopa et Fontaine, le club qui rassemblera tous les français. Lyon quant à lui est en quête de cette popularité.

 

Si on devait comparer ce derby à un autre, il ressemblerait à celui entre Lens et Lille, mais avec une rivalité encore plus virulente. Mais depuis quelques années, cette rivalité s'est un peu essoufflée. Lyon qui dominait le championnat de France s'est trouvé un autre rival en la personne de l'Olympique de Marseille. Saint Étienne étant vu comme un club du passé, qui ne joue plus les premiers rôle, Lyon s'est cherché un adversaire de taille, et l'OM était le club parfait. Vainqueur de la Ligue des Champions en 1993, avec des phocéens fiers d’être « à jamais les premiers ». Vu comme de l'arrogance, cela exaspère tous les Lyonnais. La rivalité régionale envers l'ASSE laisse place à une rivalité nationale avec l'OM. « Un seul Olympique » ou le nouveau terme de « Olympico » dénote cette nouvelle tendance. Peut être plus due aux médias qu'aux vrais supporters, pour qui le seul et unique derby est celui opposant les Gones aux Verts.

 

La première rencontre entre les deux équipes aura lieu le 28 octobre 1951 et verra une victoire de l'OL 4-2 avec un triplé de Woehl. Depuis, 101 confrontations ont eu lieu, avec un léger avantage pour les Verts qui comptent 39 victoires contre 32 pour les Gones, et 30 matches nul. Mercredi en Coupe de la Ligue, ce sont les Lyonnais qui se déplaceront, et leur bilan à Geoffroy-Guichard n'est pas en leur faveur : 50 rencontres y ont eu lieu, l'OL ne s'est imposé qu'à dix reprises et se sont inclinés 27 fois.

 

L'équipe des Verts avec son célèbre maillot ManuFrance

 

La rivalité est d'autant plus forte aujourd'hui que la domination des clubs s'est inversée. Saint Étienne à dominé le football Français pendant les années 60 – 70, avec un dernier titre acquis en 1981. Puis l'ASSE s'est effondré, tandis que l'OL débutait son ascension, nottement sous l'impact de leur nouveau Président, Jean Michel Aulas. Arrivé en 1987 alors que le club était en deuxième division, il en fera le Grand club français des années 2000. pendant ce temps Saint Étienne peine à se maintenir en Ligue 1, est touché par de sombres affaires (les faux passeports). Pour les supporters lyonnais, c'est comme une revanche de prise, leur tour était enfin venu. La meilleure revanche pour un supporter lyonnais aura été en 2006, lorsque l'OL fêta son 5eme titre consécutif, devant son public, lors d'un derby explosif (victoire 4-0 pour les résidents de Gerland)

 

 feu d artifice pour l OL

Juninho et Fred fête le 5eme titre de l'OL après avoir infligé un 4-0 à l'AS Saint Etienne

 

Le plus gros score entre les deux équipes sont à mettre à l'actif des « panthères » avec un 7-1 subit à domicile par Lyon, c’était le 5 octobre 1969. Cette lourde défaite ne sera pas la seule d'ailleurs, en 1964, Saint Étienne avait déjà mis un infligeant 6-0. Ils réitéreront ce score quelques années plus tard, en 1970. Dés lors, les débats entre lyonnais et stéphanois s’équilibreront, chaque équipe s'appliquant à vaincre sur ses terres, ou du moins, à ne pas perdre. Les années 80 seront clairement à l'avantages des joueurs foréziens. Mais Saint Etienne est en fin de cycle, tandis que le club d'entre Soâne-et-Rhône, lui, commence son ascension. Les années 90 commencent à être clairement à l'avantage des lyonnais ( 5V, 7N, 2D). Mais c'est dans les années 2000 que l'OL surplombera l'ASSE de sa suprématie, 10 victoires, 5N, 0D, et des matches qui resteront dans la légende des derbys. Les résidents du chaudron mettront fin à dix années de disettes avec leur victoire, à Gerland, le 25 septembre 2010. C 'est Dimitri Payet qui donnera le but vainqueur sur un magnifique coup franc. Cette victoire réjouira d'autant plus les supporters de l'ASSE car elle placera le club adverse en très mauvaise posture en Ligue 1, avec une 16eme place. Quelques mois après, lors du match retour, les Lyonnais corrigeront les Stéphanois, 4-1, à Geoffroy-Guichard avec un fort esprit de revanche.

 

    

Dimitry Payet offre la victoire aux siens (0-1) en 2010et met fin à 10 ans de disettes pour Saint Etienne

 

Si aujourd'hui il n'y a plus autant de joueurs du cru que par le passé, les acteurs restent conscient de l'importance d'un résultat face à l'équipe rivale pour les supporters. ASSE – OL reste aujourd'hui encore l'un des derbys les plus chaud du football français. L'ambiance dans les tribunes, les tifos, les chants « anti-lyonnais » ou « anti-stéphanois », la préssion mise par la presse locale, le stress une semaine avant le match, sont tout autant de signes de cette rivalités, pas toujours très saines.

 

Avec cette double confrontation de mercredi en coupe de la Ligue et samedi pour le compte de la 12eme journée de Ligue 1, les deux clubs se retrouveront pour la 102eme et 103eme fois de leur histoire. Si Saint Étienne sort d'un match victorieux face à Valenciennes (1-0), les Lyonnais eux, se sont incliné lourdement à Villeneuve d'Ascq face au champion de France en titre Lillois (3-1). Une qualification, mais surtout une élimination du rival serait pour les deux clubs une satisfaction personnelle avant même d'être une satisfaction sportive.

F.L.

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